Bonjour Antonin et Margaux, qui êtes-vous?

Nous sommes Antonin Boiveau et Margaux Le Cann-Meunier, deux designers graphiques et sérigraphes nantais de souche. Ça fait 27 ans qu’on habite Nantes, et on défend haut et fort les couleurs de notre ville!

Comment vous-êtes vous rencontrés?

Nous nous sommes rencontrés à l’École de Communication Visuelle de Nantes (ECV) en deuxième année, et on s’est tout de suite bien entendus. C’est à ce moment-là qu’on a commencé à travailler ensemble. Margaux s’occupait de mes projets web et moi (Antonin) de ses sujets de pub. Ça s’est fait très naturellement, et on s’est vite rendu compte qu’associer nos compétences était un plus.

Quelles ont-été vos expériences professionnelles respectives avant de vous associer?

Margaux s’est dirigée vers des petites structures, comme Kostar  (un magazine gratuit de l’Ouest de la France) et moi vers des agences de publicité grand format (Euro RSCG, aujourd’hui Havas) où j’ai touché à un peu à tout, du packaging à l’identité. Puis à l’été 2010 on est partis trois mois ensemble à Montréal pour des stages plus longs. Margaux était chez Lichen, où elle a assez vite trouvé sa place, et moi j’était chez Cossette, un mastodonte de la pub, avec des projets pour McDonald’s, Coca-Cola, etc.

À quel moment avez-vous décidé de monter votre studio à deux, et pourquoi?

Pendant nos stages à Montréal, on a commencé à en parler. Peu après on s’est mis à la  sérigraphie. Margaux a réalisé une partie de son projet et de son book de fin d’études avec cette technique. Fin 2010, début 2011, on s’y est mis un peu en mode « dans le jardin » pour rigoler. Ça nous plaisait de pouvoir imprimer nos idées nous mêmes, sur un tas de supports, et c’est comme ça que sont nés nos premiers produits, le Thank god it’s Friday et le Holy shit it’s Monday. On a lancé la boutique en ligne par la même occasion, et en juin 2011, on s’est auto-propulsés studio graphique et apprentis sérigraphes.

Parlez-nous un peu de votre atelier et votre ‘charette’.

En octobre 2014, on a emmenagé dans un bel espace et on a récupéré pas mal de machines. L’idée dès le départ était de pouvoir partager notre savoir sous forme d’ateliers. C’est ce que l’on fait aujourd’hui pour les particuliers en initiation et pour les pros avec une formule accompagnement à la journée, dans cet espace mais aussi avec notre dispositif mobile de sérigraphie que l’on a baptisé La Charrette. Elle a été financée fin novembre 2015 grâce aux personnes qui nous soutiennent dans cette aventure.  On peut désormais participer à des événements à vélo, avec tout notre matériel de sérigraphie à disposition.

Avez-vous été formés pour faire de la sérigraphie?

À l’ECV, on nous a appris à construire des concepts de communication visuelle, mais pas vraiment à faire de l’impression en sérigraphie. Cela nous a marqué car aujourd’hui on ne peut pas faire une production visuelle pour un client sans qu’il y ait un sens, une manière d’amener les choses. C’est aussi pour cela que la boutique est là, c’est un espace d’expérimentations graphiques. La sérigraphie fait le pont entre les disciplines, et on a vraiment appris en pratiquant, même s’il nous reste encore beaucoup de techniques et d’astuces à découvrir!

Comment organisez-vous votre temps de travail?

La majorité de notre temps est consacrée à travailler sur des projets d’identité visuelle. On aime beaucoup ça, c’est un travail de commande qui nous permet de faire de la recherche graphique pure. On cherche de plus en plus à faire le lien entre le branding et la sérigraphie, car cette technique apporte un côté authentique et qualitatif à certains projets. On développe également en parallèle notre boutique en ligne de produits sérigraphiés, avec aujourd’hui une réflexion sous la forme de collections.

Décrivez-nous une journée de travail ‘type’.

La journée type démarre par un tour sur Instagram. C’est comme ça que l’on reste connectés au quotidien à ce qui se fait. Quand on travaille sur un projet en particulier, on va sur Pinterest. Pour le reste, ça varie. En ce moment, Margaux élabore les moodboards, produits, tarifs, designs, etc de notre première collection. De mon côté je peaufine la boutique en ligne et je rédige un article sur le vélo de La Charrette. Là on propose aussi des maquettes pour le site d’un client, et on a préparé quelques tables pour la collaboration avec Heju, qu’on enverra à la boutique Klin d’Oeil. C’est toujours agréable de quitter l’écran pour mettre les mains dans l’encre et inversement, parfois c’est salvateur de quitter l’humidité de l’atelier pour la chaleur et le confort du bureau.

« On développe des projets qui gravitent entre design graphique et sérigraphie, sous plusieurs formes : l’accompagnement graphique, la boutique en ligne de produits, les ateliers de sérigraphie et l’événementiel avec la Charrette. »

Quels sont vos outils indispensables?

Franchement, on aurait du mal à se passer de nos iPhones! (rires). Ça nous permet d’être au taquet sur nos pages et de répondre aux gens le plus rapidement possible. C’est aussi un super appareil photo de poche. Bref, le vrai couteau suisse du graphiste! Pour contrebalancer, on travaille toujours avec un ou plusieurs carnets également. Le travail graphique se fait d’abord avec un crayon sur papier. Les petits dessins d’explication, les croquis d’idées sur le vif, tout ça, c’est sur papier. On a 3 carnets Calepino  qui ne nous quittent pas: un pour les lettrages, un pour les petits croquis et un pour les to-do listes.

« Le travail graphique se fait d’abord sur du papier. Les petits dessins d’explication, les croquis d’idées sur le vif, tout ça, c’est sur papier. »

Comment gérez-vous l’aspect plus administratif et financier de votre activité?

On fait vraiment tout seuls, ou presque. On a un comptable qui nous aide sur les bilans et les déclarations diverses, et on est également suivis par un bureau de gestion. On est en SARL, c’est la forme juridique qui convenait le mieux à nos activités. On a aussi pas mal travaillé avec le Calkulator (l’outil soutenu par l’Alliance Française des Designers) pour la définition de nos tarifs. C’est très intéressant et c’est une bonne base de travail. On a également beaucoup appris du livre de Blair Enns, Gagner sans idées gratuites. C’est une petite bible que nous conseillons à tous les designers, confirmés ou fraichement diplômés.

Comment fonctionne votre duo?

Ça évolue en permanence. De manière générale, nous discutons de l’avenir de la société, des projets futurs etc. ensemble. On s’occupe de tout, du design à la communication des produits, en passant par la mise en ligne, les photoshoots, la production, etc. Au quotidien, certaines tâches se sont attribuées d’elles-mêmes avec le temps. Margaux gère pas mal la boutique en ligne, et comme elle est à la tête d’une association qui promeut l’artisanat local (la Team Nantes), nous sommes très impliqués et actifs sur Etsy. De mon côté, je gère les ateliers, particuliers et pros. Pour les commandes graphiques, ça dépend du client et de nos plannings respectifs.

« On s’occupe de tout, du design à la communication des produits, en passant par la mise en ligne, les photoshoots, la production, etc. »

 

Des projets récents, en cours ou à venir dont vous voudriez parler?

Il y a plusieurs choses en préparation. D’abord, la sortie de notre première collection d’ici quelques semaines. On va aussi se rendre à New York dans les bureaux d’Etsy, car Margaux fait partie du conseil international de vendeurs  qui vise à améliorer la plateforme. On planifie aussi les premières dates pour la Charrette. On peut d’ores et déjà dire qu’on sera chez Bo Vélo à Nantes le 21 mai prochain, et on est en discussions pour d’autres villes. Dans la lignée des projets un peu fous, voire carrément flous, on évoque la possibilité de monter une sorte de mini maison d’édition qui permettrait de produire et de promouvoir le travail d’artistes graphiques dont on aime le travail. On en reparle dans 5 ans!

Un ou des conseils à donner à des personnes qui voudraient se lancer comme vous?

Le meilleur conseil que l’on puisse donner, c’est de ne pas avoir peur. Quand on n’a pas peur, on tente des choses, on essaie. Peu importe l’issue de ces essais, ça fait une expérience, et ça sert toujours pour la suite. On est souvent inconscients au départ, il faut essayer de le rester le plus longtemps possible. Se lever le matin en sachant qu’on va défendre ses propres projets, c’est la plus grande récompense. Et puis bien dormir aussi, c’est important !

« Le meilleur conseil que l’on puisse donner, c’est de ne pas avoir peur. »

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