Le monde de la mode est souvent pointé du doigt pour son influence supposée néfaste sur la société, entre son culte voué à l’apparence, ses top models à tendance anorexique et son matérialisme flagrant. Pourtant, cette stratosphère à part peut aussi prôner, contre toute attente, la différence.

Voici notre sélection de sept mannequins hors normes qui, par leur physique et leur personnalité, véhiculent un message de tolérance et pimentent un milieu aux dictats parfois monotones.

 

Winnie Harlow:

De son vrai nom Chantelle Brown-Young, cette canadienne d’origine jamaïquaine est atteinte, depuis l’âge de 4 ans, de vitiligo. Une maladie de dépigmentation de la peau lui a valu pendant longtemps les surnoms cruels de ‘zèbre’ ou même de ‘vache’. Malgré les moqueries et les humiliations, elle a tout misé sur un physique que d’autres considèrent comme un handicap. Longtemps écartée des podiums par les agences, elle a pourtant persévéré et c’est sur Instagram qu’elle s’est faite repérée.

Winnie Harlow:

C’est enfin sa participation à l’émission America’s Next Top Model qui lui a fait gagner la sympathie du public et de nombreux medias. Pari réussi pour celle qui est devenue l’égérie de Desigual, de la campagne printemps-été de Diesel, et qui a même fait quelques apparitions dans les clips d’Eminem et de Sia. On retiendra d’elle ces quelques mots: « Beaucoup de gens ont une histoire. La mienne est peinte sur mon corps. »

Shaun Ross:

Shaun Ross est un mannequin afro-américain de 24 ans atteint d’albinisme. Il rejoint en cela une lignée de mannequins albinos célèbres, telles que la sud-africaine Thando Hopa, la Hongkongaise Connie Chiu ou encore l’américaine Diandra Forrest. Repéré sur sa chaine YouTube en 2008, celui surnommé ‘Casper’ parvient à défiler pour Alexander Mc Queen et Givenchy, et pose pour GQ, Vogue, i-D, Paper Magazine et Another Man.

Shaun Ross:

A la fois acteur, danseur et mannequin, Shaun Ross crève l’écran dans les clips de Katy Perry, Gold Fields et Beyoncé. Il mène depuis une campagne contre toutes les formes de stigmatisation avec sa plateforme « In my skin I win ». Il a également participé à une conférence TED sur les standards de la beauté.

Andreja Pejic:

Andreja est un mannequin transsexuel australien, de père croate et de mère serbe, qui a débuté sa carrière à dix sept ans. Son ambiguité sexuelle et son physique androgyne lui ont permis de défiler pour des collections pour hommes et pour femmes, comme lors du défilé de Jean Paul Gaultier en 2011. Les maisons de couture et les plus grands designers, intrigués par son corps atypique, lui ont ouvert leurs portes, à l’instar de Marc Jacobs, Jeremy Scott ou encore Thom Browne.

Andreja Pejic:

En Juillet 2014, Andrej est devenue Andreja après une opération chirurgicale qui lui a permis de changer de sexe. En 2015, elle a été nommée ambassadrice de la marque de cosmétiques Make Up For Ever, dont le slogan publicitaire ‘Be You’ semble être en parfaite adéquation avec la personnalité d’Andreja.

Rick Genest:

Plus connu sous le nom de Zombie Boy, le montréalais Rick Genest n’est pas né avec un physique à part, il s’en est créé un. Enfant, Rick est atteint d’une tumeur au cerveau. Après avoir frôlé la mort, il devient un ‘squeegee’ et vit dans la rue, où on lui donne le surnom qui le rendra célèbre. Il décide alors de modifier son apparence pour s’approprier ce nom, et à dix-neuf ans, Rick commence à se faire tatouer l’intégralité de son corps en cadavre. Il confie ce travail titanesque, qui durera six ans, au tatoueur Franck Lewis.

Rick Genest:

Devenu oeuvre d’art, Rick se fait remarquer sur Facebook par le styliste de Lady Gaga et directeur artistique de Thierry Mugler, Nicola Formichetti, qui le fait apparaitre dans le clip ‘Born This Way’ de la star et le fait défiler pour la maison de couture en 2011. La même année, Rick entre dans le Guiness des Records pour le plus grand nombre d’insectes (176) et d’os (136) tatoués sur un corps. Il devient en parallèle égérie de L’Oréal pour sa gamme de maquillage Dermablen, passe devant l’objectif de Terry Richardson, et fait ses premiers pas au cinéma dans le film 47 Ronin aux côtés de Keanu Reeves.

Léa T:

Léa T, née Léandro Medeiro Cerezo, est la première mannequin transgenre. Italienne d’origine brésilienne, elle a grandi dans un corps qu’elle n’a pas réussi à s’approprier, dans une famille catholique et conservatrice dont le patriarche est footballeur professionnel. Sa rencontre, à 18 ans, avec Ricardo Tisci, a bouleversé sa vie, et lui a fait prendre conscience de son mal être vis-à-vis de son genre, bien au delà de sa sexualité.

Léa T:

Devenue muse du directeur artistique de Givenchy, Léa T est encouragée par ce dernier à accepter sa féminité. Ricardo Tisci la fait poser en 2010 pour sa campagne Confusion des genres. Léandro devient Léa, et ajoute un ‘T’ à son nom, en hommage à celui qui l’a toujours soutenu dans sa transformation. En 2011, sa couverture de Love Magazine, où elle embrasse Kate Moss, la propulse au rang d’icône transsexuelle. Le magazine Forbes l’a même classée parmi les 12 femmes les plus influentes de la mode en Italie.

Boychild:

Boychild n’est pas à proprement parler mannequin. Photographe de formation, Boychild se définit comme une performeuse artistique. Elle fait d’ailleurs ses débuts en 2011 dans des spectacles de drag queens à San Francisco. Avec son physique ambigu, elle bouleverse la séparation des genres. Femme au corps athlétique et au crâne rasé, Boychild est à équidistance entre le masculin et le féminin.

Boychild:

En 2013, Boychild est repérée par Shayne Oliver, fondateur de Hood By Air. Il la fait défiler à la Fashion Week de New York pour une collection qui porte son nom. N’étant pas spécialement intéressée par le mannequinat, Boychild se prête tout de même au jeu, avant d’enchainer les collaborations avec le rappeur et activiste Mykki Blanco, l’artiste Korakrit Arunanondchai pour un projet au MOMA PS1, ou encore le cinéaste Wu Tsang pour son film ‘A Day in the life of Bliss’.

 

Molly Bair:

Molly Bair n’est pas transsexuelle. Elle n’est pas non plus marquée par une quelconque maladie, et son physique n’est pas particulièrement bizarre. Mais ses grandes oreilles décollées, son monosourcil et sa dentition proéminente – qui lui ont valu le surnom malveillant de ‘tête de rat’ pendant toute son enfance – auraient pu l’éloigner à jamais des podiums. Née en Pennsylvanie, elle est pourtant repérée en juillet 2014 à New York par The Society Management, filiale de l’agence Elite.

Molly Bair:

Quelques mois plus tard, Molly Blair défile pour Proenza Schouler, Alexander Wang, Prada, Dior ou encore Giambattista Valli. Qualifiée par Karl Lagerfeld d’’E.T de la beauté’, elle clôture le défilé Chanel avec la traditionnelle robe de mariée. Jolie histoire pour une jeune femme qui a avoué, lors d’une interview à CNN, avoir porté un t-shirt Yoda pendant toute son adolescence.